Nous sommes le 16 juin 1944, à l’aube.
Dans un champ de Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain, une trentaine de résistants viennent d’être alignés pour être fusillés par la Gestapo. La plupart sont très jeunes — mais pas tous. Parmi eux se tient un homme de cinquante-sept ans, le père de six enfants. Sur ses faux papiers, il se nomme Marcel Blanchard ; dans la Résistance, on le connaît sous le nom de « Narbonne ». En réalité, il s’appelle Marc Bloch, et c’est l’un des plus grands historiens que la France ait jamais produits. Un historien qui a révolutionné sa discipline en l’ouvrant aux autres sciences sociales.
On raconte qu’à côté de lui, ce matin-là, un tout jeune homme tremblait et murmurait que ça allait faire mal. Bloch, doucement, lui aurait répondu que non, cela ne fait pas mal. Et qu’il est tombé en criant « Vive la France ».
Quatre-vingt-deux ans plus tard, le 23 juin 2026, cet homme fait son entrée au Panthéon : il est le premier historien à y être admis. Ses cendres, pourtant, ne bougeront pas : elles resteront en Creuse, dans un petit cimetière de campagne. Nous verrons pourquoi, car ce choix en dit déjà long sur l’homme.
Aujourd’hui, dans T’as qui en Histoire ?, je vais vous raconter comment un savant a pu devenir un combattant, puis un héros. Voici Marc Bloch : l’historien, le soldat, le résistant.