Six mois de combats dans un enfer de glace et de ruines et la première grande défaite de la Wehrmacht
Du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, une ville au bord de la Volga a changé le cours de la Seconde Guerre mondiale. À Stalingrad, l’armée allemande s’est heurtée à une résistance soviétique acharnée et y a laissé l’essentiel de sa 6e armée.
Pourquoi Stalingrad ?
En 1942, Hitler lance l’opération Fall Blau pour s’emparer des ressources pétrolières du sud de l’URSS. Stalingrad n’est d’abord qu’un objectif secondaire — mais sa position sur la Volga, artère vitale du ravitaillement soviétique, en fait rapidement un verrou stratégique. Son nom, aussi, pèse lourd : s’emparer de la ville de Staline serait un coup psychologique dévastateur.
Un combat urbain d’une violence inouïe
Après un bombardement qui détruit 80 % de la ville en quelques jours, les combats descendent dans la rue, dans chaque bâtiment, chaque escalier, chaque cave. La gare centrale change de mains quinze fois. Les soldats soviétiques reçoivent des renforts en traversant la Volga de nuit, sous les tirs allemands. Les snipers, comme le célèbre Vassili Zaïtsev, deviennent des figures de la propagande soviétique.
L’opération Uranus : le piège se referme
Le 19 novembre 1942, l’Armée rouge lance une contre-offensive massive sur les flancs de l’armée allemande, tenus par des alliés sous-équipés (Roumains, Italiens, Hongrois). En quelques jours, 300 000 hommes sont encerclés. Le pont aérien de la Luftwaffe, censé leur apporter 550 tonnes de ravitaillement par jour, n’en livre en moyenne que 94. À Noël 1942, le chiffre tombe à 60 tonnes. Les soldats mangent leurs chevaux, puis les chats, errant dans un froid de −32 °C.
La capitulation et ses conséquences
Le 31 janvier 1943, le maréchal Paulus se rend : le premier maréchal allemand fait prisonnier de l’histoire militaire du Reich. En Allemagne, trois jours de deuil national sont décrétés. Goebbels proclame la « guerre totale ». Dans les pays occupés, l’espoir change de camp. Stalingrad est le point de rupture : l’Armée rouge ne recule plus.
Sur les 330 000 soldats de la 6e armée allemande engagés dans la bataille, seuls 5 à 6000 rentrent en Allemagne.